Sold Out le pitch
Dans le monde du sport, rien n’est plus triste que le silence visuel des sièges vides au milieu d’un kop vibrant. Pour Malo Bernard, jeune entrepreneur de 21 ans, le contraste brutal entre la magie d’un stade comble et « l’effet négatif » d’une enceinte à moitié vide. C’est par une analogie entre des applications anti gaspi et sa passion pour le sport que germe une idée ambitieuse : transformer les invendus de places en une nouvelle économie de la passion. Avec sa startup « Sold Out », il se donne pour mission de réinjecter de la vie dans les tribunes en appliquant au sport les codes de la consommation.
L’économie circulaire au service du sport
Sold Out ne se contente pas de vendre des billets ; la plateforme transpose le modèle de l’anti-gaspillage alimentaire au secteur de l’événementiel sportif. En s’inspirant de la réussite de Too Good To Go pour le commerce de proximité ou de Ticket Nunc pour la culture, Malo Bernard veut briser la barrière de l’accès au direct. L’objectif est simple : permettre aux clubs de remettre sur le marché leurs invendus de dernière minute à prix réduit.
Le service s’articule autour d’un écosystème mobile binaire :
- Pour l’utilisateur : Une interface intuitive permettant de géolocaliser les opportunités, de recevoir des alertes en temps réel et d’acheter son billet instantanément pour une réception par mail.
- Pour le club partenaire : Un outil de gestion conçu pour une totale autonomie de gestion des places disponibles et de leur prix de vente.
« La mission de Sold Out, c’est de remplir toutes les tribunes parce que je suis persuadé qu’un match ça se vit dans des tribunes pleines à craquer. » Malo BERNARD
Démocratiser la tarification dynamique
Pourquoi les clubs ne maximisent-ils pas déjà leur remplissage ? Le diagnostic de Malo Bernard est sans appel : les équipes administratives sont souvent en sous-effectif durant la saison. Le manque de temps et d’outils empêche la mise en œuvre de stratégies de yield management sophistiquées.
Si des structures comme le Brest Handball ont déjà prouvé l’efficacité de la tarification dynamique, elles restent des exceptions. Sold Out arrive comme un complément agile aux billetteries traditionnelles, offrant une solution clé en main pour adresser spécifiquement la niche du « last-minute » sans alourdir la charge de travail des clubs.
L’héritage des JO : Vers une synergie communautaire
L’inspiration de Sold Out puise également dans la ferveur des Jeux Olympiques de Paris. Malo y a observé un phénomène de transfert : une fois la barrière du prix et de l’accès levée, le public s’est rué sur des disciplines dites « mineures », créant une ambiance électrique sur tous les terrains.
L’ambition est ici de créer une synergie communautaire. En abaissant le seuil financier, Sold Out permet à un fan de football de s’essayer au handball, au basket ou au rugby. Cette transversalité transforme l’application en un puissant levier de recrutement : elle attire de nouveaux profils qui, après une première expérience réussie, ont vocation à devenir des supporters réguliers via les canaux classiques des clubs.
Un modèle « Gagnant-Gagnant »
La force de frappe commerciale de Sold Out réside dans son absence totale de risque financier pour les organisations sportives. Le modèle repose exclusivement sur une commission prélevée sur les ventes effectives.
La startup mise sur un respect scrupuleux de l’identité de marque des clubs :
- Autonomie totale : Le club reste le seul maître à bord pour définir le volume de places et, surtout, le prix de vente.
- Zéro risque : Aucun engagement financier initial. Si aucune place n’est vendue, le club ne doit rien.
Cette approche lève les freins psychologiques des directeurs de billetterie, souvent frileux à l’idée de perdre le contrôle sur leur politique tarifaire.

L’audace à 21 ans
Le parcours de Malo Bernard incarne cette nouvelle génération d’entrepreneurs qui préfèrent l’action à la théorie. Après avoir interrompu ses études en licence, il s’est immergé dans l’écosystème entrepreneurial, soutenu par le réseau Pépite puis par la Technopole d’Angers.
Malo documente les coulisses et les revers de son aventure sur LinkedIn, fédérant déjà une communauté avant même le lancement technique. Il vous fait vivre son aventure sur linkedin et les réseaux sociaux.
Côté capital, la startup a démarré avec des ressources maîtrisées : un apport familial de complété par une aide régionale à l’innovation. Ce capital d’un peu moins de 20K€ a permis de financer le développement technique confié à l’agence angevine CodeKraft.
Cap sur septembre 2026
Le déploiement de l’application Sold Out suit une trajectoire structurée de Proof of concept (POC) avant de passer à un plus large commercialisation.
Février 2026 marque l’étape cruciale où deux clubs pilotes testeront le modèle en conditions réelles. Ce test grandeur nature servira de socle pour convaincre les clubs de Ligue 1 et Ligue 2 avec lesquels des discussions sont déjà engagées.
L’objectif final est fixé à septembre 2026 pour un déploiement national massif, avec une ambition claire : atteindre un réseau de 20 clubs partenaires pour stabiliser la rentabilité.
Alors que les modes de vie privilégient désormais l’instantanéité et la flexibilité, une question s’impose : le modèle de la « dernière minute » va-t-il transformer notre façon de consommer le sport et devenir une solution pour remplir les stades à chaque évènements ?
Pour suivre Malo :
Son linkedin : https://www.linkedin.com/in/malo-bernard-profil/
Son Instagram : https://www.instagram.com/soldout_sport/
Par régis BAUDOUIN
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