Le processeur haute performance européen est annoncé en phase de production. Il est conçu en partie en France.
Le projet Rhea1 est le nom donné au processeur hautes performances de première génération développé par la société française SiPearl. Il est conçu spécifiquement pour le calcul haute performance (HPC) et vise à équiper les supercalculateurs européens (dit exascale en anglais).
Quelques mots sur SiPearl le concepteur du Rhea1
SiPearl est une entreprise basée en France. elle a été créée en juin 2019 par Philippe Notton pour donner vie au projet du consortium European Processor Initiative (EPI) dont l’objectif est de favoriser le déploiement en Europe de technologies microprocesseur haute performance et basse consommation.
La société a été recapitalisée après une procédure de conciliation avec les créanciers. Elle vient de passer un cap difficile.
Société à capitaux privés, SiPearl bénéficie du soutien de l’Europe et d’institutionnels que l’on retrouve dans sont conseil d’administration. Sont présents des représentants de EVIDEN (ATOS), la Banque Publique d’Investissement (BPI,) de ARM, le concepteur de processeurs (sur laquelle est basée la technologie), et la Banque Européenne d’Investissement (BEI)
SiPearl développe les microprocesseurs européens qui accompagneront les supercalculateurs d’Europe pour atteindre la puissance exascale. Elle travaille en étroite collaboration avec ses 30 partenaires du consortium EPI – communauté scientifique, centres de supercalcul, grands noms de l’informatique, l’électronique et l’automobile – qui sont ses parties prenantes, futurs clients et utilisateurs finaux.
Le Conseil d’administration de SiPearl a été récemment réorganisé après une levée de fonds de 90 M€, et il est présidé par Ian Jenks.
Point clés du processeur RHEA1
Spécifications Techniques du processeur :
Le processeur est développé sur une base ARM. Technologie RISc à faible consommation énergétique. Identique à ce que vous trouvez dans les smartphones et les PC Apple. Notez que cette technologie est plus performance que le technologie CISC Intel qui équipe les PC Windows.
L’objectif principal de Rhea1 est de garantir la souveraineté européenne en matière de calcul intensif, réduisant ainsi la dépendance aux technologies étrangères pour des applications critiques, y compris la dissuasion nucléaire
C’est pas moins de 80 cœurs ARM Neoverse qui sont associés pour constituer ce processeur.
Il intègre 80 milliards de transistors. La puce est gravée et assemblée par le Taïwanais TSMC en utilisant le procédé N6 (6 nm).

La souveraineté est surtout là pour la conception. Pour la fabrication et les technologies de base, l’Europe doit faire appels aux compétences de ARM (UK) et TSMC (Taiwan). Il n’existe pas de fondeur capable de le produire en Europe.
La souveraineté est également là pour les applications militaires, et nucléaires.
- Logiciels et Programmation :
- Le CPU Rhea1 sera supporté par un large éventail de compilateurs, bibliothèques et outils, incluant des langages de programmation traditionnels comme C/C++, Go et Rust, ainsi que des frameworks d’intelligence artificielle modernes comme TensorFlow ou PyTorch.
- Calendrier de Disponibilité :
- Les premiers échantillons de Rhea1 sont désormais attendus pour 2025. Cela représente un retard par rapport aux prévisions antérieures qui tablaient sur une commercialisation début ou courant 2024.
- Le supercalculateur JUPITER, qui doit intégrer Rhea1, devrait être accessible fin 2024, ce qui implique que son calendrier pourrait également être affecté par ce retard.
Le premier client majeur de SiPearl sera le supercalculateur européen exascale JUPITER. Il sera construit en Allemagne par Eviden et exploité par le Forschungszentrum Jülich. JUPITER utilisera les processeurs Rhea1 pour son module Cluster à usage général, tandis que sa puissance principale proviendra de GPU Nvidia. Un partenariat a été mis en place avec Nvidia.
C’est sur ce point que la souveraineté est un peu mise à mal. L’intégration des composants hardware repose sur une technologie NVIDIA autant que Européenne.
La version finale sera équipé de 24000 puces NVIDIA GH200. tout cet équipement peut expliquer le prix de chaque unité de Jupiter à 500 million d’euros. On n’est clairement pas dans des budgets grand public.
Un supercalculateur exaflopique ou exascale
Ce sont des serveurs massivement parallèles dont la puissance de calcul est supérieure à 10 exposant 18 flops (Un intel core I7 à une puissance de 10 exposant 9 flops).
Pour fonctionner ils sollicitent plusieurs processeurs en parallèles qui découpent les taches en sous taches et les exécutent simultanément.
Les principales applications sont les calculs haute performance et l’analyse de données complexes. Les domaines d’applications se retrouvent dans la simulation pour l’automobile, la physique, le nucléaire, les prototypes virtuels.
Avec de telles besoins, les enjeux sont la course à la puissance et la course à l’énergie. Plus un processeur tourne vite plus il chauffe et consomme. L’enjeu est de maximiser la puissance sans chauffer et sans consommer trop.
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