Plus de bonheur et moins de swipes avec BPM. BPM est une application de dating par le sport pour les sportifs.
J’ai pu rencontrer le créateur de BPM, Gabriel ZEITOUN pour une interview sur la nouvelle application BPM qui combine, sport, dating et rencontre. Nous avons discuté de son applications mais aussi de son business modèle et de ses ambitions. Voici les 4 leçons contre-intuitives du fondateur de l’application de rencontre BPM
Briser la glace (et la routine) des premiers rendez-vous
Ce premier café aux allures d’entretien d’embauche, ces silences que l’on meuble en fixant sa tasse… Le premier rendez-vous est souvent une épreuve plus qu’une promesse. Il y a un an et demi, Gabriel était célibataire, passionné de sport, et frustré par les applications de rencontre classiques. Sur Hinge, il peinait à trouver des profils partageant son style de vie actif. En parallèle, il observait un phénomène : les run clubs devenaient les nouveaux lieux de rencontre, au point que certains ne participaient que pour espérer une rencontre.
De ce double constat est née BPM, son application de rencontre pour sportifs. Le nom, « Battements Par Minute », évoque l’effort cardiaque et le rythme du cœur qui s’emballe. Son pari : si le sport peut rapprocher les gens dans la vie réelle, pourquoi pas sur une app ?
Le parcours de Gabriel, qui avoue avec humour qu’il n’est «plus célibataire aujourd’hui », révèle des leçons surprenantes sur l’entrepreneuriat, le marketing et la nature des relations humaines à l’ère du digital.
La meilleure rencontre commence par une session de sport, pas par un verre
Le principe fondamental de BPM est simple mais radical : remplacer le traditionnel rendez-vous au bar par un jogging, une partie de tennis ou une randonnée. L’approche est plus naturelle, moins formelle, et crée un lien instantané autour d’une passion commune. Plutôt que de se jauger autour d’une table, les utilisateurs partagent une expérience active qui en dit long sur leur personnalité.
Mais une idée de génie ne suffit pas à construire une entreprise. Gabriel l’a appris à ses dépens en affrontant le premier obstacle de tout entrepreneur : l’humain.
Le plus grand défi n’est pas l’idée, mais de trouver le bon associé
On imagine que le plus dur est le code ou le financement. Pour Gabriel, l’épreuve la plus complexe fut de trouver le bon cofondateur. Il souligne, a juste titre, qu’un nombre incalculable de startups échouent à cause de conflits entre associés, une expérience qu’il a lui-même vécue avant de s’allier avec son partenaire technique actuel. Cette leçon rappelle que même dans la tech, le succès repose d’abord sur des relations humaines solides et une vision partagée.
La partie humainement la plus compliquée. Quand on lance une boîte, c’est vraiment l’association.
Une fois l’équipe soudée, un autre défi, tout aussi humain, se présente : attirer la foule. Faire venir des utilisateurs pour démontrer le concept et ajuster le modèle.
Pour une nouvelle application, le marketing est plus important que le produit
Voici une vérité qui bouscule le mantra du « produit avant tout ». Gabriel est catégorique : pour une application grand public, le marketing et la distribution sont la clé absolue. La logique est implacable : une application de rencontre est inutile sans une masse critique d’utilisateurs. Son objectif est d’atteindre 10 000 utilisateurs en France pour garantir une bonne expérience partout. Le défi principal n’est donc pas de peaufiner le code, mais de convaincre les gens de télécharger l’application.
Pour déclencher la viralité autour de l’application, Gabriel compte principalement sur les réseaux sociaux en référencement gratuit et payant. Ses buyer personae (cibles) sont sur tic tok, instagram et il faut aller les chercher sur ces réseaux.
J’ai envie de dire même tout le reste passe au second plan Ce qui compte vraiment c’est de faire en sorte que les gens téléchargent ton application. Atteindre au plus vite une masse critique de 10 000 users et ensuite revenir sur le produit pour proposer une modèle économique, des fonctionnalités et chercher des investisseurs.
Le paradoxe ultime : le succès, c’est quand vos clients vous quittent
Toutes les applications de rencontre sont construites sur un paradoxe, et BPM ne fait pas exception. Si l’application remplit sa mission et qu’un utilisateur trouve l’amour, il la supprime. Chaque succès représente donc une perte de revenu potentiel, que l’utilisateur ait payé un abonnement ou non. Loin de fuir cette réalité, Gabriel l’assume pleinement. Le but final est que les utilisateurs partent parce qu’ils ont trouvé quelqu’un. Le véritable succès ne se mesure pas en rétention d’utilisateurs, mais en couples formés.
Plus qu’une application, une nouvelle philosophie de la rencontre
L’aventure de BPM montre que créer une application va bien au-delà des lignes de code. C’est une plongée dans la psychologie humaine, les dures réalités du business et le parcours d’un entrepreneur qui navigue entre relations humaines, stratégies marketing et les paradoxes de son propre modèle économique. Au fond, l’idée de se rencontrer autour d’une passion commune nous rappelle une vérité simple : les meilleures connexions se font quand on est soi-même, en faisant ce que l’on aime.
Par Régis BAUDOUIN



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